Hello,
un article paru sur Reuters au début de la semaine est très intéressant :
(Reuters, traduit par Zone Bourse) - " Le groupe audiovisuel français M6 et son actionnaire CMA CGM militent pour une réforme des règles médiatiques hexagonales, en vigueur depuis plusieurs décennies, ont indiqué à Reuters trois sources proches du dossier. Cette initiative pourrait stimuler les opérations de fusions-acquisitions (M&A) afin d'aider les acteurs français des médias à rivaliser avec leurs concurrents mondiaux.
La réforme permettrait aux groupes médiatiques français de participer à la consolidation européenne, alors que les diffuseurs traditionnels cherchent à gagner en taille pour affronter les géants américains du streaming, tels que Netflix, dont le projet de rapprochement avec Warner Bros Discovery accentue la pression.
Le britannique ITV a récemment envisagé la vente de son activité télévisuelle pour 1,6 milliard de livres (2,16 milliards de dollars) au groupe Sky de Comcast, tandis que l'italien MediaForEurope a pris le contrôle de l'allemand ProSiebenSat.1 l'an dernier, et RTL a acquis Sky Deutschland.
Mais les groupes médiatiques français restent freinés par des contraintes réglementaires nationales qui compliquent la concurrence face aux nouveaux services de streaming, déplorent analystes et professionnels du secteur interrogés par Reuters.
François Godard, analyste chez Enders Analysis, explique : « Depuis 20 ans, la consolidation s'opère aux États-Unis. » Mais la France demeure, selon lui, « totalement bloquée tout en ouvrant grand la porte à Netflix ».
Selon une étude du Boston Consulting Group publiée en septembre dernier, les plateformes mondiales de streaming et de vidéo sociale représentaient 64% du temps de visionnage hebdomadaire en France, au Royaume-Uni, en Allemagne et en Suisse, marquant un basculement au détriment des diffuseurs traditionnels.
En France, la consommation de contenus à la demande via les plateformes de streaming et les services de rattrapage des diffuseurs représentait 39% de la consommation vidéo quotidienne en 2025, contre 36% un an plus tôt, selon Médiamétrie, qui mesure l'audience TV et vidéo dans l'Hexagone.
Les parlementaires français ont jusqu'ici résisté au changement, inquiets d'une concentration du marché et d'un possible affaiblissement des dispositifs de protection de la langue française.
LE STATU QUO RÉGLEMENTAIRE DEVIENT « INTENABLE »
M6 porte la demande de réforme, soutenue par son deuxième actionnaire, le groupe CMA CGM dirigé par Rodolphe Saadé, qui détient plus de 10% du capital de M6, précisent les sources.
M6 affirme qu'indépendamment de l'évolution du marché, il continue d'investir massivement dans les contenus, les partenariats de distribution, la donnée, la publicité et sa plateforme M6+. Le groupe n'a pas souhaité faire d'autre commentaire.
« Notre secteur fait face à une transformation des usages et à la concurrence directe des plateformes américaines, » déclarait David Larramendy, directeur général du groupe M6, au journal Le Monde le mois dernier. « Dans ces conditions, maintenir le statu quo avec des règles conçues il y a 40 ans est intenable. »
M6, dont le principal actionnaire est l'allemand RTL, souhaite que les législateurs modifient une règle qui fige de fait la structure actionnariale du groupe, en raison de l'échéance décalée de ses licences de diffusion numérique terrestre.
« RTL Group reste convaincu que la consolidation du marché est nécessaire pour rivaliser avec les plateformes technologiques mondiales, et qu'elle interviendra tôt ou tard en France, » assure un porte-parole de RTL.
« Le groupe M6 jouera un rôle clé dans toute future consolidation du secteur audiovisuel français. Mais une telle opération nécessite une modification de la loi médiatique actuelle. »
Un porte-parole de TF1 a déclaré à Reuters que la chaîne ne réclamait pas la suppression de la licence de cinq ans mais souhaite un examen global des règles qui limitent aujourd'hui la consolidation, pour permettre au secteur de se restructurer à l'ère numérique.
Un amendement, adopté par le Sénat, réduirait la durée de blocage des licences de cinq à deux ans, permettant ainsi à M6 de procéder à des opérations de M&A dès 2028 au lieu de 2032.
La ministre de la Culture, Rachida Dati, soutient cette réforme, mais la fenêtre de tir se referme alors que la France traverse une période de turbulences politiques. Toute modification de la loi sur les médias devrait intervenir avant les municipales de mars, selon les sources.
La porte-parole de Rachida Dati n'a pas donné suite aux sollicitations de Reuters.
LES PRÉTENDANTS SE POSITIONNENT
Thomas Rabe, PDG du groupe allemand Bertelsmann, propriétaire de RTL, a exprimé l'an dernier son espoir de relancer, sous deux à trois ans, le projet de fusion avortée entre M6 et TF1.
En 2022, M6 et TF1 avaient renoncé à leur rapprochement, jugeant les remèdes exigés pour franchir les obstacles antitrust inadaptés.
Le groupe italien MediaForEurope (MFE) figure aussi parmi les intéressés.
Pier Silvio Berlusconi, directeur général de MFE, a réaffirmé lors d'un événement récent son intérêt pour le marché français, après une tentative de rachat de M6 en 2022, avant que RTL ne mette fin au processus.
L'offre soutenue par MFE valorisait la participation de RTL dans M6 à environ 1,4 milliard d'euros (1,64 milliard de dollars), soit 22 euros par action, selon deux sources proches du dossier.
MFE s'est refusé à tout commentaire.
Berlusconi a aussi indiqué avoir mené sans succès des discussions avec TF1 par le passé, sans plus de précisions.
« Dans l'état actuel, je ne sais pas jusqu'où M6 et TF1 peuvent aller, » a-t-il confié à Reuters, avertissant que la réglementation française risque d'isoler le pays alors que la consolidation s'accélère dans le secteur.
Rodolphe Belmer, PDG de TF1, a déclaré au journal Ouest France que la chaîne serait intéressée par une nouvelle tentative de rachat de M6 si celle-ci était mise en vente.
L'armateur Rodolphe Saadé, qui développe activement son empire médiatique, pourrait lui aussi jouer un rôle dans d'éventuelles opérations de M&A si la réglementation évolue, selon deux sources.
Pour Saadé, le rachat de l'intégralité de M6 permettrait de créer un deuxième grand groupe médiatique français, rival de TF1.
Un porte-parole de CMA CGM a indiqué : « Nous ne commentons pas les rumeurs de marché."
L'article évoque une possible offre d'achat de 22€ par action ! Pour rappel, le cours actu est à 12,02, ce qui laisse un beau potentiel.
A mon humble avis, Bertelsmann pourrait monter progressivement au capital pour prendre le contrôle total de M6 puis revendre ensuite au mieux disant. Ainsi, il pourrait y avoir une OPR à 16-18€. Sauf si CMA/CGM vient jouer les troubles fêtes. Will see.